Gestion des arènes de Béziers : l’aveu d’un échec

Publié le 8 février 2026

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Échec de la gestion des arènes de Béziers par BETARRA, hypothèse d’une organisation des corridas en régie municipale : le COLBAC réagit aux propos de Robert Ménard dans l’interview qu’il a accordée à Midi Libre, le 7 février 2026. 

Les arènes de Béziers pourraient accueillir une programmation culturelle variée, bénéfique à l’économie locale et attractive pour l’ensemble de la population biterroise. Or, en 2021, leur gestion a été confiée à BETARRA, entreprise privée à but lucratif organisatrice de corridas. Cinq ans plus tard, le constat est sans appel : ce modèle de gestion est un échec. BETARRA ne parvient pas à développer ni à diversifier l’activité des arènes, ce qui était l’ambition affichée. Ses comptes sont toujours déficitaires. .

Régie municipale ?

Pour tenter de sauver les corridas, le maire Robert Ménard évoque leur possible organisation en régie municipale afin de les soustraire à la TVA. Autrement dit : faire porter aux contribuables biterrois le coût direct de l’organisation de corridas déficitaires — acheter des taureaux, rémunérer des toreros, absorber les pertes, le tout avec l’argent public !

Massivement rejetée par la société en raison de sa cruauté (comme le montre le récent Baromètre sondage de la Fondation 30 Millions d’Amis) la corrida est un puits financier sans fond que le maire envisagerait désormais de faire supporter à l’ensemble des Biterrois.

C’est d’autant plus scandaleux que les corridas n’intéressent qu’un public biterrois très restreint. En 2020, Robert Ménard lui-même affirmait : « L’afición biterroise, c’est 300 personnes.

Rappelons par ailleurs le récent rapport de la Cour des comptes qui met en lumière l’absence de retombées économiques démontrées de la corrida pour la collectivité.

Grave problème démocratique !

Les propos du maire posent par ailleurs un grave problème démocratique. En déclarant qu’il n’abandonnera « ni le rugby ni la tauromachie, n’en déplaise à leurs ennemis », il qualifie de fait comme « ennemis » les citoyens opposés à la corrida.

Être opposé à la corrida est une opinion légitime et largement partagée. Les personnes qui s’y opposent ne sont ni des adversaires de la ville ni des ennemis de quiconque : ce sont des citoyens, des administrés et des contribuables à part entière, exerçant un droit légitime d’expression dans le débat public. Le rôle d’un maire est de rassembler et de respecter toutes les sensibilités, non de stigmatiser une partie de la population.

La démocratie locale suppose le respect du pluralisme des opinions. La contestation de la corrida ne peut être disqualifiée par des qualificatifs clivants ou insultants (« ennemis », « pingouins », « pisse-froid », « emmerdeurs », etc.), profondément inappropriés dans la bouche d’un élu de la République.

Le maire de Béziers devrait mesurer la portée de ses propos, respecter l’ensemble des concitoyens quelles que soient leurs convictions au sujet de la corrida, et garantir une utilisation responsable de l’argent public.

Dans un contexte de contraintes budgétaires pour les collectivités, chaque euro doit relever de l’intérêt général, et non de l’acharnement à maintenir une pratique coûteuse, cruelle et controversée.

à propos

Le COLBAC a pour but final l’abolition de la corrida. Nous nous opposons à la propagande et à la désinformation du milieu taurin, ainsi qu’à la justification de la torture animale comme relevant d’un art ou d’une tradition encore acceptable.

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@BeziersColbac

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