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CORRIDAS ET SUBVENTIONS

L’argent public ne doit pas servir à la violence et à la souffrance animale.
Nous réclamons la fin de toutes les aides directes ou indirectes aux corridas.

À Béziers comme dans toutes les villes taurines, les corridas ne survivent que grâce aux subventions publiques et au soutien politique et financier de la municipalité.

Nous dénonçons l’utilisation de l’argent public pour promouvoir, soutenir et financer la violence à l’égard d’un animal, à travers des subventions massives à la tauromachie biterroise. C’est inacceptable d’un point de vue éthique. C’est aussi refuser d’entendre la volonté de la population : le maire Robert Ménard lui même reconnaît que la population biterroise est très majoritairement opposée aux corridas ( L’Incorrect, 7/09/2018 )

L’Incorrect : Comment est perçue la corrida par les Biterrois eux-mêmes ?
R. Ménard : Je pourrais faire la réponse d’un démagogue en vous disant qu’ils aiment ça. Pour être honnête je ne m’amuserai pas à faire un référendum, parce que les Biterrois sont comme le reste de la France, c’est-à-dire massivement contre. (…)  Je crains qu’ils soient encore une majorité à vouloir l’interdire.

Rappel : Les arènes de Béziers sont la propriété privée d’une poignée d’actionnaires groupés en société anonyme ( la SA Des Arènes). Ces actionnaires, au lieu d’exploiter eux-mêmes leur bâtiment, préfèrent le louer à la mairie. Depuis de nombreuses années la mairie a cessé d’organiser elle-même des corridas. Elle confie cette tâche à un professionnel,  un spécialiste des spectacles taurins – Robert Margé jusqu’à fin 2020 ; le trio Simon Casas, Olivier Margé et Sébastien Castella à partir de 2021 –  à qui elle sous-loue les arènes. Les corridas de la feria biterroise sont donc des spectacles privés, organisés  par un  entrepreneur privé dans un bâtiment privé.

Subventions directes

L'école taurine de Béziers : 30 000 € par an

La mairie a ouvert et a financé massivement jusqu’en 2020 une école taurine qui apprend aux enfants à toréer et à tuer des veaux. Sans l’impôt des Biterrois, l’école taurine n’existerait pas.

176 500 € en 5 ans

Chaque année, le conseil municipal vote à l’école une subvention importante : 26 500€ en 2015, 30 000€ en 2016, 30 000€ en 2017, 30 000€ en 2018, 30 000€ en 2019, 30 000€ en 2020.

Pour 2021, l’école taurine de Béziers a demandé une nouvelle subvention de 30 000 euros. Au 1er mai 2021, cette subvention ne figure pas au budget primitif de la municipalité et le maire Robert Ménard a confirmé la fin de cette subvention directe. 

Par ailleurs, la municipalité met à disposition gratuitement les arènes pour les cours hebdomadaires de l’école, alors que la municipalité paye un loyer à la SA des Arènes, propriétaire des arènes.

30 000 € pour une dizaine d’élèves

L’école compte une dizaine d’élèves. L’aide de la mairie a donc représenté environ 3 000 € par enfant et par an. Il est indécent de payer 3000 € par an pour qu’un enfant apprenne à tuer un animal.  A titre de comparaison, jusqu’en 2020, les Restos du Cœur de Béziers ont reçu le même montant de subvention annuelle : 30 000€ pour aider …700 familles !

Deux tiers du budget de fonctionnement de l’école

Dans son rapport d’activité 2017, l’école indique qu’elle fonctionne « grâce au bénévolat et à la subvention de la mairie ».

En 2016, les subventions ont représenté la moitié du budget de fonctionnement de l’école et les deux-tiers dans le budget prévisionnel de 2018. En 2018, l’école a réalisé un bénéfice de 12 155 euros. En 2019, elle a réalisé un bénéfice de 9 403 euros (en grande difficulté financière l’année 2019, l’école a réduit drastiquement la voilure, parvenant finalement à réaliser un bénéfice ).

Le compte de résultat 2018 faisant apparaitre un excédent, on aurait pu s’attendre à une diminution de la subvention pour l’année suivante. Il n’en a rien été, ce qui a permis à l’école d’augmenter sa trésorerie.

→ Ainsi, la commune a fait plus qu’aider au « fonctionnement » de l’école taurine : non seulement la subvention de 30 000 euros a permis à l’école de financer les frais liés à son activité (le principal poste de dépense est “la location du bétail pour les entraînements “), mais elle a financé aussi sa trésorerie et son bénéfice : en 2018, les 40 % de la subvention municipale sont allés sur le compte bancaire de l’école ; en 2019, la subvention municipale a représenté plus de 70 % du produit figurant au compte de résultat de l’école.

Alors que de nombreux médecins alertent sur les conséquences concernant le développement psychique, l’empathie et le sens moral des enfants exposés aux spectacles et à la pratique tauromachique, alors que le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a exhorté la France à tenir les mineurs à l’écart de la tauromachie, alors que l’éducation devrait être un rempart à la violence, la municipalité de Béziers soutient et finance l’éducation aux tortures exercées sur des animaux. 

un jeune torero
Elèves de l'école taurine de Béziers (2019) Photos ©Colbac
un enfant et une vachette

Clubs taurins : 15 000 € par an

→ La Fédération des Clubs Taurins du Biterrois (FCTB) compte une vingtaine de clubs taurins dont 8 clubs à Béziers.

Chaque année, elle reçoit une subvention municipale de 15 000€ qui représente plus de 50 % du produit figurant au compte de son résultat. De plus, en 2018, la région Occitanie lui a versé une subvention de 2 700€ et le Conseil départemental lui a versé une subvention de 1 000 €. En 2018, la FCTB clôturait ses comptes avec un bénéfice de 9 380€. En 2017, elle clôturait ses comptes avec un bénéfice de 11 152 €.

L’objectif de la FCTB est de promouvoir la tauromachie, notamment auprès de la jeunesse : « Nous souhaitons conquérir de nouveaux aficionados avec nos initiations dans les centres de loisirs » peut-on lire dans le dossier de demande de subvention 2021.

L’association Esprit du Sud 34 défend les spécificités méridionales (agriculture, viticulture…) mais aussi la chasse et surtout la tauromachie espagnole. En 2019, la mairie lui a versé 1000 € et 2000 € en 2020.  

→ À noter que le musée taurin est logé et entretenu aux frais de la mairie. Il est aussi le siège de l’association Esprit du Sud 34 et de l’Union Taurine Biterroise (UTB), plus ancien club taurin de Béziers. Ainsi s’exprimait Marie-Françoise Rouzier présidente de l’Union Taurine Biterroise, le 11 juin 2021 :

” Je voudrais, au nom de l’UTB, vous remercier monsieur le Maire, pour l’aide que vous nous apportez et qui s’est traduite par une remise en état des salles du rez-de-chaussée, travaux qui ont été menés de main de maître par vos services sous la direction de Gilles Étienne. L’édifice avait besoin d’un peu de rénovation et tout a été fait dans les règles de l’art. ” 

un homme de dos dans des gradins
Les clubs taurins sont gorgés de fonds publics.

Sources des chiffres : Budget de Béziers ( comptes administratifs 2020, 2019, 2018 ; budget primitif 2021 ) – Dossiers de demande de subvention annuelle de l’ETBM et de la FCTB). 

Subventions européennes de la PAC

Les subventions européennes de la Politique Agricole Commune (PAC) visent à soutenir la production agricole. Or, en Occitanie et en Camargue, la finalité des élevages extensifs de taureaux n’est pas la production de viande mais la production de bovins destinés aux spectacles taurins tels que la corrida ou la course camarguaise.

Sur la commune de Vendres, à côté de Béziers, Robert et Olivier Margé sont éleveurs de taureaux espagnols ( et respectivement ex. et nouveau directeur des arènes de Béziers). Le cumul des sommes de la PAC perçues par l’EARL ganaderia Margé et la SARL manade Margé s’élève à environ 270 000 euros pour l’année 2018 et 210 000 euros pour l’année 2019, alors que ces élevages n’ont pas vocation à nourrir les hommes mais à les divertir. Ainsi, de façon détournée, la PAC finance la tauromachie biterroise.

À noter que ces fonds européens alloués aux élevages de bovins destinés aux corridas, provenant des impôts de tous les Européens, sont concentrés sur trois pays ( Espagne, Portugal, et France) alors que la corrida n’est pas autorisée dans les 25 autres pays membres de l’Union Européenne.

Chaque année depuis 6 ans, une majorité d’eurodéputés refusent que des subventions de la PAC soient utilisées pour soutenir l’élevage de taureaux en vue des corridas. C’est la protection des animaux qui est mise en avant pour justifier ce vote de refus. Mais pour des raisons juridiques, ce vote n’a jamais été suivi de mesures concrètes. En octobre 2020, a été voté un nouvel amendement qui cible cette fois l’aide proportionnelle au nombre de bêtes envoyées dans les arènes (environ 5% des animaux).

un taureau en camargue

Subventions indirectes

La féria

Dans la 2ème moitié du 20ème siècle, le milieu taurin, manquant de spectateurs, a imaginé organiser autour des arènes et aux frais des mairies (donc du contribuable), une grande fête municipale susceptible d’attirer la foule que la corrida était incapable de déplacer. C’est particulièrement net à Béziers où, faute de public, la mairie a cessé d’organiser en septembre 1995 les corridas dites « de vendanges ». En 1998, toujours faute de public, il a fallu renoncer aux corridas de juillet qui est pourtant un mois touristique… Les années suivantes, on a renoncé même aux novilladas de juin toujours faute de spectateurs. La corrida à Béziers est désormais limitée à la feria d’août seule capable de garnir les gradins des arènes. Hors feria, quand les clubs taurins biterrois se risquent à organiser un spectacle taurin, au printemps ou en octobre, il n’attire pas plus de 400/500 spectateurs…dans une arène qui offre 13 500 places.

Si la corrida, morte à Béziers en juin, juillet et septembre, survit en août, c’est grâce à cette énorme subvention municipale qu’est la feria.

Selon les chiffres publiés chaque année par la mairie, la feria rassemble chaque soir entre deux et trois cent mille personnes. Sur ce nombre, moins d’une dizaine de milliers, donc une infime minorité, environ 5%, consent à assister aux corridas, présentées aux touristes comme le clou de la feria. 

→ C’est la feria qui est indispensable à la survie de la corrida et pas l’inverse. Nous demandons une grande fête populaire sans souffrance animale et sans effusion de sang, c’est à dire sans corrida et sans novillada. 

Non seulement une fête sans corrida est possible, mais elle existe déjà puisque 95 % des personnes qui fréquentent la feria de Béziers ne vont pas aux corridas. Pour ces personnes, la féria sans corrida est déjà une réalité.

Feria de jour à Béziers (14 août 2009) Photo Le petit Biterrois
une arène
Béziers, gradins vides de spectateurs hors feria (mars 2019) ©Colbac

Publicité et promotion de la tauromachie

La feria est conçue pour attirer les amateurs de corrida.  Ainsi, l’affiche municipale annonçant chaque année cet évènement, placardée à grands frais dans tout le pays, n’évoque que la tauromachie, occultant les autres attractions de la feria. Les corridas sont pourtant des spectacles privés, organisés par une entreprise privée. C’est donc l’impôt des Biterrois et des Biterroises, majoritairement opposés aux corridas, qui finance la publicité des corridas. Juste ? 

affiche
Affiche feria 2019
afifche
Affiche feria 2016
affiche
Affiche feria 2015

De même, le journal de Béziers fait largement la promotion de la tauromachie sanglante : 

couverture magazine
couverture magazine
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