La société BETARRA, gestionnaire des arènes de Béziers et organisatrice des corridas, est en cessation de paiements depuis fin août 2025 et en redressement judiciaire depuis le 4 février 2026. Une information restée jusque-là bien discrète… que le COLBAC a révélée publiquement.
Il y a quinze jours, le COLBAC relayait déjà les propos de Robert Ménard évoquant les difficultés rencontrées dans la gestion des arènes de Béziers.
Le placement en redressement judiciaire de BETARRA (que Robert Ménard ne pouvait ignorer au moment de son interview) confirme aujourd’hui ces difficultés et révèle l’impasse d’un modèle économique maintenu à flot par l’argent public.
BETARRA a été créée en 2020 pour prendre la relève de la société PLATEAU DE VALRAS de Robert Margé, liquidée judiciairement après des années de difficultés. Deux sociétés successives, et le même résultat : l’échec économique.
Depuis des années, BETARRA bénéficie du soutien financier de la Ville, et, depuis 2024, d’une convention extrêmement avantageuse lui confiant la gestion des arènes ainsi que la production de spectacles tauromachiques et extra-tauromachiques.
Subventions, facilités diverses, soutien logistique, valorisation politique : tout a été fait pour préserver coûte que coûte un modèle économique à bout de souffle reposant largement sur le soutien des finances publiques, alors même que la fréquentation des spectacles tauromachiques est en déclin constant depuis plusieurs années.
Malgré ce soutien, la société BETARRA s’effondre.
Ce redressement judiciaire démontre l’échec de la gestion des arènes, l’irresponsabilité d’un soutien public persistant, et l’obstination à maintenir sous perfusion un secteur structurellement déficitaire.
Les contribuables biterrois ont financé, année après année, un système qui ne tient pas.
Il est inacceptable que les finances publiques servent à compenser les pertes d’une activité dont la fréquentation décline et dont la viabilité économique est manifestement compromise.
Par ailleurs, la capacité d’une société en cessation de paiements à assurer le rayonnement des arènes par des concerts et des spectacles non tauromachiques variés interroge légitimement.
Sébastien Castella injecte « plusieurs centaines de milliers d’euros »
Suite à la révélation de cette situation par le COLBAC, Midi Libre a interrogé les dirigeants de BETARRA ainsi que les propriétaires des arènes.
Nous apprenons ainsi que le torero Sébastien Castella a injecté « plusieurs centaines de milliers d’euros » afin de renflouer la trésorerie et tenter d’éviter la liquidation — ce qui n’a pas empêché le placement en redressement judiciaire.
L’un des propriétaires des arènes indique, de son côté, avoir perçu le loyer (BETARRA étant locataire des arènes) et « attendre » désormais la suite.
Les contribuables biterrois, eux aussi, attendent des réponses.
Un modèle structurellement déficitaire ne devient pas viable par miracle. Trop d’argent public a déjà été gaspillé pour tenter de maintenir à flot un système qui ne tient pas, alors même que l’évolution de la société et la prise en compte croissante de la souffrance animale rendent ce modèle toujours plus fragile.
Il est temps de tourner la page des corridas sanglantes.