Le 15 août 2026, au cœur de la féria de Béziers, près de 200 militants anticorrida ont répondu à l’appel du COLBAC pour porter dans les rues de la ville une autre voix : celle de tous ceux qui refusent que des animaux continuent d’être torturés et mis à mort pour le divertissement.
Cette année, le COLBAC avait choisi de mettre particulièrement en lumière la dépendance de la corrida à l’argent public, avec une revendication : « Pas un euro d’argent public pour la corrida ! »
Une mobilisation d’autant plus nécessaire que cette féria 2026 aura été marquée par une communication très offensive de Robert Ménard en faveur de la corrida.
Un climat particulièrement hostile aux anticorrida
Quelques jours avant notre manifestation, à l’occasion de son discours d’ouverture de la féria, Robert Ménard déclarait :
« Ici, la corrida vivra dans les arènes, quoiqu’en pensent les sinistres animalistes. »
Dans le même temps, la Ville lançait une nouvelle campagne d’affichage dans les rues de Béziers, érigeant notamment la corrida en élément de l’identité biterroise : « Ici nous avons des traditions ! », ou encore « On aime la messe, on aime les femmes, on aime les toros, on aime les flics. Et vous ? »
Le COLBAC a réagi à cette campagne et aux propos du maire par un communiqué de presse, rappelant que les « sinistres animalistes » ainsi désignés sont aussi des citoyens, des Biterrois et des contribuables, qui refusent que la souffrance et la mise à mort d’animaux soient présentées comme constitutives de l’identité de leur ville.
Cette agressivité n’est d’ailleurs pas restée cantonnée aux affiches et aux discours.
Quelques jours avant la manifestation, Robert Ménard s’en est pris verbalement à la présidente du COLBAC, lui reprochant notamment de venir manifester « devant chez lui » et qualifiant les manifestants de « voyous ».
Vidéo →
Près de 200 militants dans les rues de Béziers
Le rendez-vous était donné, comme chaque année, au parc de la Gare du Nord. Après un temps de rassemblement, le cortège s’est élancé dans une ambiance déterminée et pacifique à travers le centre-ville et les Allées Paul Riquet, particulièrement fréquentées pendant la féria. La manifestation s’est achevée sur le parvis de l’Hôtel de Ville avec les prises de parole et le happening.
Ci-dessous, retour en images sur cette belle mobilisation !
Photos © Julie Wayne et Oscar Morgado

Après quelques mots d’accueil de Sophie, présidente du COLBAC, Tiamat et Kreezy ont pris place sur le camion pour donner le ton et animer la manifestation tout au long de la marche.





La militante D’Ici Danse a également offert un beau moment en interprétant pour la première fois un hymne anticorrida, repris par les participants.
Hymne anticorrida créé par Tiamat et D’Ici Danse, interprété par D’Ici Danse.

Une présence n’est pas passée inaperçue : Crackito, la mascotte du CRAC Europe et de 30 Millions d’Amis, était bien sûr de la partie ! Ci-dessus, avec Kreezy et les militantes Valérie et Chantal ; ci-dessous, avec Cyril Vaucelle, président du CRAC Europe et « père spirituel » de Crackito, Sophie et Estelle.























¹ Le COLBAC est une association apolitique. Ses manifestations sont ouvertes à toutes celles et ceux qui souhaitent se mobiliser contre la corrida, à titre individuel ou au nom d’une organisation. La présence d’organisations politiques ou de leurs représentants ne vaut ni soutien ni affiliation politique du COLBAC, qui interpelle l’ensemble des partis et responsables politiques, sans distinction, afin de les inciter à agir en faveur de l’abolition de la corrida.

En tête du cortège, une grande banderole annonçait le thème choisi cette année par le COLBAC : « La corrida vit sous perfusion d’argent public ». Une torera a ainsi défilé reliée à une poche de perfusion « Argent public », symbolisant une corrida maintenue artificiellement en vie, tandis qu’un sosie de Robert Ménard rappelait le soutien financier, politique et médiatique du maire à la corrida. Une mise en scène qui trouvera son dénouement devant l’Hôtel de Ville…












































Dorothée Aillerie, vétérinaire et représentante du COVAC (Collectif des vétérinaires pour l’abolition de la corrida), nous a rejoints pour la manifestation après une première action menée le matin même. Elle a remis à la direction de l’Office de tourisme Béziers Méditerranée un rapport scientifique détaillant les lésions et les souffrances infligées aux taureaux.
Cette démarche visait la « corrida chuchotée », proposée par l’Office de tourisme aux spectateurs novices (Pendant une corrida, le spectateur novice peut se procurer des écouteurs afin d’entendre, en direct, les explications sur le déroulement et les différentes étapes du spectacle).
Sur une initiative de la FLAC (Fédération des luttes pour l’abolition des corridas), le COVAC dénonçait une présentation qui prétend expliquer la corrida tout en occultant ce que subit réellement l’animal dans l’arène.
Au bas des allées Paul Riquet, Dorothée Aillerie a ensuite pris la parole pour rappeler ce que les connaissances vétérinaires permettent d’établir sur les lésions et les souffrances infligées au taureau au cours d’une corrida. Au-delà des discours sur la tradition, l’art ou la culture, la souffrance du taureau est une réalité physiologique et scientifique, documentée par les blessures et leurs conséquences sur l’animal.
Une intervention courageuse, prononcée sous les huées d’aficionados présents sur les allées Paul Riquet, contenus par un important dispositif policier, allant jusqu’à entonner la Marseillaise pour couvrir sa voix, plus prompts à faire entendre la leur qu’à écouter ce qu’une vétérinaire avait à leur dire.
L’intégralité de son intervention a été filmée par Stéphane Pocher, journaliste à ICI Hérault, qui l’a ensuite diffusée sur ses réseaux sociaux.



Tout au long de la marche, la torera sous perfusion d’« argent public » et « Robert Ménard » ont défilé en tête du cortège, donnant une large visibilité à notre message au cœur du centre-ville, en pleine Féria.





Des associations réunies pour l'abolition
Plusieurs associations et collectifs avaient répondu à notre invitation, certains en étant présents à nos côtés à Béziers, d’autres en apportant leur soutien à la mobilisation.
Sur le parvis de l’Hôtel de Ville, les représentants présents ont pris la parole pour rappeler une même exigence : mettre fin à la corrida en France.
Avant de donner la parole aux représentants des formations politiques présents, Sophie, présidente du COLBAC, a tenu à rappeler le caractère apolitique de l’association et la nécessité de dépasser les clivages politiques dans le combat pour l’abolition de la corrida.
« Nous allons maintenant donner la parole aux représentants des formations politiques qui ont souhaité se joindre à nous aujourd’hui et apporter leur soutien à notre combat.
Avant cela, nous tenons à rappeler une chose importante : le COLBAC est une association apolitique. Nous ne sommes liés à aucun parti et nous souhaitons pouvoir dialoguer avec toutes les sensibilités.
Les représentants qui vont prendre la parole aujourd’hui vont le faire au nom de partis qui ont affiché l’abolition de la corrida dans leur programme.
Toutefois, la compassion envers les animaux et le refus de leur maltraitance n’appartiennent à aucun camp politique. À gauche, au centre comme à droite, des élus et des citoyens s’opposent à la corrida.
Nous regrettons que trop d’élus choisissent encore de ne pas l’affirmer publiquement.
L’abolition de la corrida devra demain dépasser les appartenances et les clivages, et être portée par une véritable initiative transpartisane que nous appelons de nos vœux.
Les animaux ne devraient jamais avoir à payer le prix de nos oppositions politiques. Ils ne devraient jamais être l’objet de marchandages électoraux ou devenir un enjeu partisan.
Lorsqu’il s’agit de mettre fin à une souffrance qui leur est infligée gratuitement, pour un divertissement, chaque homme, chaque femme, devrait pouvoir dépasser les divergences politiques et voter en son âme et conscience. Il en va de la dignité humaine. »
Discours de Sandra Regol, députée écologiste du Bas-Rhin
Discours Muriel Sireyjol, correspondante du Parti animaliste dans l’Hérault
Discours de Magali Crozier, cheffe de file des Insoumis du Biterrois
Discours d’Arthur pour la REV (Révolution Écologique pour le Vivant)
Discours de Patrick Sacco, président-fondateur de l’association Respectons, présenté par Kreezy.
Nous avons eu la chance d’avoir à nos côtés Patrick Sacco, figure historique de la protection animale en France. Son engagement remonte à plusieurs décennies. En 1985, il mène notamment l’opération Greystoke, au cours de laquelle 17 babouins utilisés pour l’expérimentation sont sortis d’un laboratoire du CNRS de Gif-sur-Yvette.
Patrick Sacco fonde ensuite Respectons, et s’engage également en Serbie, où il crée en 2001 le refuge Oaza, près de Belgrade, destiné notamment à recueillir des centaines de chiens abandonnés.
Un engagement exceptionnel, fait de combats très concrets pour arracher des animaux à la souffrance et leur offrir une autre vie. Nous étions particulièrement honorés de l’accueillir à Béziers pour cette manifestation.
Discours du Dr Jean-Paul Richier pour le collectif PROTEC (Protégeons les enfants des corridas)
Discours de Cyril Vaucelle, président du CRAC Europe
Discours de Mathilda pour l’association FUTUR
Discours d’Olympe pour l’association One Voice
La corrida sous perfusion d'argent public - Happening
C’était le thème central de cette édition 2026. La corrida bénéficie d’un soutien important des collectivités publiques. À Béziers, les chiffres récemment établis sont éloquents :
- 796 200 € consacrés par la Ville à la tauromachie espagnole entre 2019 et 2023 ;
- 108 348 € par an de moyens municipaux mis à disposition de l’organisateur des corridas ;
- 20 000 € versés en 2025 par l’Agglomération Béziers Méditerranée à l’École taurine de Béziers Méditerranée (soit 62 % de son budget annuel).
Pour rendre cette réalité visible, le COLBAC a imaginé un happening symbolique devant l’Hôtel de Ville : au centre de la scène, une torera sous perfusion. Autour d’elle, des contribuables biterrois versent leurs impôts à la municipalité, représentée par un Robert Ménard caricatural assis sur un trône. Le maire utilise cet argent pour alimenter la perfusion, à travers les multiples aides financières et matérielles accordées à la corrida. Puis la perfusion s’arrête. Et la corrida s’effondre.
C’est cette situation de dépendance financière que nous avons voulu illustrer dans le happening, filmé par Yann Geshors.





Une mise en scène pour illustrer notre message : la corrida ne survit que sous perfusion d’argent public. Cet argent ne doit plus alimenter la corrida. — Vidéo © Yann Geshors


LA MANIFESTATION SUIVIE EN DIRECT
La manifestation a également bénéficié d’une couverture en direct tout au long de son parcours. Stéphane Pocher, journaliste à ICI Hérault, a suivi la mobilisation du rassemblement jusqu’au happening final, relayant sur les réseaux sociaux de nombreuses images et séquences de la mobilisation.
Midi Libre a également suivi la manifestation du début à la fin, avec une journaliste présente sur place tout au long du parcours, et en a partagé les temps forts sur son compte Instagram.
Retrouvez ci-dessous quelques-uns de ces moments pris sur le vif. L’intégralité de la revue de presse est à retrouver en fin d’article.
"Pour la culture, pas pour la torture" scandent les opposants à la #corrida en pleine #feria de #Béziers pic.twitter.com/tEfLXK89g7
— Stéfane POCHER (@SPOCHER) August 15, 2026
#Feria #Béziers : les pros et les anti corridas face à face séparés par un imposant dispositif de sécurité pic.twitter.com/FvuhUAWygj
— Stéfane POCHER (@SPOCHER) August 15, 2026
150 opposants à la tauromachie dont le sosie de Robert Ménard (mise en scène) défilent dans les rues de #Béziers ce samedi, un rassemblement organisé par @BeziersColbac pour dire stop à l'utilisation des fonds publics pour tuer les taureaux #feria pic.twitter.com/5P1ddLtJCm
— Stéfane POCHER (@SPOCHER) August 15, 2026
Les anti corridas organisent un happening devant la mairie de #Béziers ce samedi alors que des milliers de spectateurs assistent à une corrida dans les arènes #feria pic.twitter.com/sH8dPsDOnj
— Stéfane POCHER (@SPOCHER) August 15, 2026
Un important dispositif de sécurité encadre les opposants aux corridas alors qu'ils descendent les allées Paul Riquet #Béziers #feria un vétérinaire évoque les souffrances et les blessures des taureaux se basant sur un rapport scientifique pic.twitter.com/DePwYvhaTx
— Stéfane POCHER (@SPOCHER) August 15, 2026
"L'argent public ne doit pas servir à tuer des taureaux" déplore le COLBAC qui organisait ce samedi une manifestation dans les rues de #Béziers alors que des milliers de spectateurs assistaient à des #corridas dans les arènes.https://t.co/n67B8aKUT3
— Stéfane POCHER (@SPOCHER) August 15, 2026
MERCI !
Une manifestation comme celle-ci n’existe que grâce à toutes celles et ceux qui donnent de leur temps, de leur énergie et, parfois, parcourent de nombreux kilomètres pour être présents à nos côtés.
Merci aux près de 200 personnes qui ont marché avec nous dans les rues de Béziers.
Merci aux associations et collectifs présents : CRAC Europe, Alliance Éthique, One Voice, FUTUR, COVAC, PROTEC et RESPECTONS, ainsi qu’aux organisations qui ont apporté leur soutien à cette mobilisation sur les réseaux sociaux. (Alliance Anticorrida, OABA, LFDA, LLDA, CAP, PAZ, PETA France, FLAC, No Corrida et Pierre Rigaux).
Merci à Tiamat et Kreezy, qui ont travaillé sur les slogans et, une nouvelle fois, animé la manifestation avec toute leur énergie, et à D’Ici Danse, pour son interprétation de l’hymne anticorrida.
Merci à toutes celles et ceux qui ont pris la parole et partagé leur engagement à nos côtés.
Merci aux représentants des formations politiques présents pour leur engagement contre la corrida : Sandra Regol, Magali Crozier, Muriel Sireyjol pour le Parti animaliste et Arthur pour la REV.
Merci à Thomas, Cédric, Jérôme et Ruben, notre équipe de sécurité, qui a veillé au bon déroulement de la manifestation.
Merci à nos photographes et vidéastes bénévoles, grâce auxquels nous pouvons conserver et partager les images de cette journée : Julie Wayne, Oscar Morgado, Yann Geshors et Cyril Vaucelle.
Merci enfin à tous les bénévoles du COLBAC qui, bien en amont du 15 août, ont préparé cette manifestation. Une mention particulière à Annie, Cathy, Estelle, Fabienne, Muriel, Samantha, Christian, Jean-Jacques et Sébastien pour la longue préparation et la réalisation du happening.
Merci également à toute l’équipe du COLBAC, membres du conseil d’administration et bénévoles, mobilisée pendant plusieurs semaines pour préparer la manifestation, concevoir les visuels, organiser le matériel, accueillir les participants et contribuer à la réussite de cette journée.
Et surtout, merci à toutes celles et ceux qui, année après année, continuent d’être présents à Béziers.
Tant que des taureaux seront torturés et tués dans les arènes, nous continuerons à nous mobiliser et à faire entendre notre opposition à la corrida.


Des voix unies pour un même combat : l’abolition de la corrida.
MAIS ENCORE...
Trois semaines avant la manifestation, le COLBAC a publié chaque jour sur ses réseaux sociaux 21 visuels inédits d’une série « 21 vérités sur la corrida – 21 raisons de manifester ». Retrouvez-les ci-dessous – faites défiler – aux côtés d’une interview improvisée à l’issue de la manifestation, à l’initiative d’Angélique, qui participait ce jour-là à sa toute première manifestation anticorrida.
Quelques questions posées spontanément à Sophie pour rappeler, en quelques mots et sans préparation, ce qu’est le COLBAC et pourquoi il agit à Béziers depuis plus de 30 ans.




















