Le 14 octobre 2026, au Parlement européen à Bruxelles, cinq organisations anticorrida d’Espagne, du Portugal, de France et des Pays-Bas, membres du Réseau international antitaurin, ont appelé à mettre fin aux subventions agricoles européennes destinées à l’élevage de taureaux utilisés pour la corrida et les fêtes taurines.
Lors d’une réunion avec des députés européens, organisée par le député Niels Fuglsang et CAS International, elles ont demandé que la prochaine Politique agricole commune (PAC), pour la période 2028-2034, exclue explicitement ces financements.
Selon les estimations avancées par les organisations, environ 200 millions d’euros d’argent public seraient consacrés chaque année à cet élevage. Le montant exact reste difficile à établir en raison du manque de transparence sur l’affectation des aides européennes.
Les associations dénoncent une contradiction entre le financement de ces élevages et les engagements européens en faveur du bien-être animal.
Le CRAC Europe souligne également que, selon la Chambre régionale des comptes d’Occitanie, la tauromachie est structurellement déficitaire et dépend des aides publiques.
Elles invoquent aussi une enquête d’opinion réalisée en 2024 en Espagne, en France et au Portugal, selon laquelle une majorité des personnes interrogées s’oppose à la tauromachie et à son financement par l’argent public.
Cette mobilisation fait suite à la remise, le 29 septembre 2026, d’une pétition internationale ayant recueilli 51 771 signatures provenant de 93 pays, avec le soutien de plus de 50 organisations de protection animale.
Les associations rappellent enfin que le Parlement européen s’est déjà prononcé à deux reprises contre ces subventions. Elles demandent désormais que la prochaine PAC traduise cette position en mesures concrètes, afin que l’argent des contribuables européens ne contribue plus au financement de l’élevage de taureaux destinés aux spectacles taurins.
Le lobby taurin à la manœuvre à Bruxelles
Le lobby taurin s’active à Bruxelles pour préserver les subventions européennes dont bénéficie l’élevage des taureaux destinés à la corrida, et sans lesquelles ce spectacle cruel ne pourrait probablement pas survivre.
Dans son édition du 17 juillet 2026, la revue taurine Toros rapporte que la Commission de l’environnement du Parlement européen a rejeté deux amendements visant à exclure les élevages de taureaux de corrida des aides de la PAC 2028-2034. L’article précise que ce dossier est suivi par la Real Unión de Criadores de Toros de Lidia (RUCTL), organisation espagnole d’éleveurs taurins qui dispose d’une représentation institutionnelle permanente auprès de l’Union européenne.