Ferrade

Publié le 5 septembre 2009

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des hommes et un fer chaud

Des cow-boys capturant des veaux au lasso, les plaquant brutalement au sol et leur liant les pattes avant de les marquer au fer rouge, nous avons tous vu ces images de western .

Violences révolues ? Non. 

Le marquage à feu, inconnu chez nous pour les vaches laitières et les animaux de boucherie, reste systématique en Espagne et en France pour les bovins de « combat ». La brûlure est même quadruple : outre la marque distinctive de l’élevage (dite « fer de l’éleveur« ) imprimée sur la cuisse, on ajoute, sur la croupe, la marque du syndicat auquel adhère l’éleveur.

Pour que l’âge de l’animal soit indiscutable, la réglementation impose le marquage à feu, sur l’épaule droite, du dernier chiffre de l’année de naissance. Par exemple un 8 pour tous les veaux nés en 1998. Enfin, si 57 jeunes sont venus au monde, cette année, dans tel élevage, chaque veau recevra sur le flanc un numéro d’ordre (dit numéro de « camada« ) allant de 1 à 57.

Ce sont donc au total quatre marques qui sont imprimées, le même jour, sur chaque veau.

Le quotidien « La Marseillaise », le 14/08/1994, donnait froidement les détails suivants :

« Pour que les marques subsistent, il faut brûler assez profondément. On soigne donc les blessures avant de relâcher l’animal pour éviter tout risque d’infection ».

 

un fer chaud sur un animal

Après toutes ces opérations, on pourrait croire que le jeune animal est suffisamment identifié.

Erreur. Il va recevoir une cinquième marque. Chaque propriétaire tient en effet à ce que ses bêtes soient identifiables comme étant les siennes au seul aspect de ses oreilles. On sculpte donc au couteau ou aux ciseaux, sans anesthésie, les oreilles des veaux pour leur donner un contour particulier à chaque élevage.

Cette marque à l’oreille (appelée « escoussure » en France et « señal » en Espagne) se fait le même jour que le marquage à feu. L’ensemble des cinq opérations donne lieu, chaque année, à une fête et, de plus en plus, ce spectacle (repas compris) est vendu aux touristes dans le Midi de la France, sous le nom de « ferrade« .

Peut-être croyez-vous que cette ignominie est propre aux producteurs de bovins de corrida ? Détrompez-vous : tous les manadiers, c’est-à-dire les éleveurs de bovins de race camarguaise ( loués pour divers « jeux » sans mise à mort) organisent eux aussi leur ferrade . Certains en tirent le plus clair de leur revenu et sont, pour cette raison, appelés « ferradiers« .

Peut-être croyez-vous aussi que le marquage à feu est réservé aux bovins ? Détrompez-vous encore : les chevaux utilisés par les gardiens de troupeaux (qu’il s’agisse de bovins de corrida ou de race camarguaise), ces chevaux sont tous marqués à feu.

Ces pratiques barbares, odieuses, injustifiables, sont-elles compatibles avec la loi française qui réprime les sévices et actes de cruauté envers les animaux domestiques ?

Les images de ferrade, les publicités pour ferrade s’étalent dans la presse comme s’il ne s’agissait pas de séances de torture.

un veau
tete de taureau

à propos

Le COLBAC a pour but final l’abolition de la corrida. Nous nous opposons à la propagande et à la désinformation du milieu taurin, ainsi qu’à la justification de la torture animale comme relevant d’un art ou d’une tradition encore acceptable.

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