colbac

Manifestation à l’occasion de la Journée mondiale des enfants

Samedi 20 novembre, à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, nous avons manifesté sur les allées Paul Riquet pour dénoncer la politique de la municipalité, qui soutient et encourage l’exposition et l’éducation des enfants à la tauromachie, malgré la violence de celle-ci.  

La Journée mondiale de l’enfance est célébrée chaque année le 20 novembre afin de promouvoir le respect et les droits des enfants.

Elle commémore l’anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU, le 20 novembre 1989.

L’article 19 de la CIDE stipule : ” Les États parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales (…) “.

Le Comité des Droits de l’Enfant de l’ONU est l’organe international indépendant chargé de contrôler l’application de la CIDE par les États parties. Il est composé de 18 experts indépendants de haute moralité, et possédant une compétence reconnue dans le domaine des droits de l’enfant.

Que dit le Comité des droits de l'enfant de l'ONU ?

Le Comité a expressément recommandé à 7 des 8 pays qui pratiquent encore la corrida, de tenir les mineurs à l’écart de la tauromachie. Cet organe officiel de l’ONU s’est dit notamment « préoccupé par le bien-être physique et mental et le développement des enfants exposés à la violence lors de certains spectacles, comme la tauromachie ». Il a exhorté la France à « redoubler d’efforts pour faire évoluer les traditions et les pratiques violentes qui ont un effet préjudiciable sur le bien-être des enfants, et notamment d’interdire l’accès des enfants aux spectacles de tauromachie ». 

→ Récemment, le Portugal a pris la décision d’interdire la corrida aux spectateurs de moins de 16 ans.  Jusqu’alors, au Portugal, l’âge légal pour pouvoir assister à ces corridas était fixé à 12 ans. Le décret a été modifié jeudi 14 octobre 2021 “à la suite du rapport du Comité des Nations unies sur les droits de l’enfant du 27 septembre 2019, qui recommande de relever l’âge minimal pour assister aux spectacles de tauromachie au Portugal” (Source : La corrida interdite aux moins de 16 ans – Géo 20/10/2021 ). Cette décision est d’autant plus significative que la mise à mort du taureau est cachée des yeux du public dans les corridas portugaises.

À noter que sur ce sujet comme dans d’autres domaines, c’est l’intérêt supérieur de l’enfant qui prime sur la responsabilité parentale : entre la liberté d’un parent et la protection d’un enfant, c’est cette dernière qui devrait l’emporter. 

Que dit le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel ?

En France, le CSA exige que la diffusion de corridas soit accompagnée de la signalétique jeunesse (10 ou 12), qu’elle ne soit pas diffusée à une heure où des enfants peuvent être devant l’écran ( les mercredis matin) et que la mise à mort ne soit pas montrée. Ces dispositions prouvent que le spectacle de la corrida peut heurter la sensibilité des enfants.

Que disent les médecins psychiatres et psychologues ?

Les médecins psychiatres et les psychologues du collectif PROTEC Protégeons les enfants des corridas alertent sur les risques d’effets traumatiques et d’accoutumance à la violence chez les jeunes spectateurs de corrida. Ils décrivent également une fragilisation du sens moral et une perturbation des valeurs chez les enfants à qui l’on apprend que la violence envers un animal peut être légitime, désirable, valorisante et applaudie.

Que voit un enfant spectateur d'une corrida ?

Des actes de cruauté infligés intentionnellement à un animal. Un spectacle sanglant durant lequel un taureau est torturé pendant 20 à 30 minutes. L’animal reçoit d’abord des coups de pique qui provoquent des blessures douloureuses et des hémorragies importantes, puis des harpons accentuant douleur et écoulement de sang ;  il est ensuite tourmenté, harcelé à la cape dans le but de l’épuiser, avant le coup d’épée qui est très rarement fulgurant et encore moins unique : les mises à mort sont toujours laborieuses. Le taureau agonisant, les poumons emplis de sang, est enfin poignardé à la nuque, à plusieurs reprises. 

Et dans les " écoles taurines " ?

Non seulement les jeunes sont exposés à la violence, mais en plus ils sont entraînés à commettre des actes de cruauté sur un animal. On leur apprend à toréer, torturer et tuer des veaux ou des génisses, dans de grandes souffrances pour l’animal puisque ces premiers coups d’épée sont imprécis et maladroits. Au-delà des souffrances inqualifiables infligées à ces animaux sans défense, ce sont des enfants, tout aussi vulnérables, qui sont exposés à la violence de scènes et de gestes d’une cruauté inouïe. Des enfants à qui l’on apprend l’insensibilité à la détresse et à la douleur d’un animal. Des enfants incités à tuer des animaux, à l’épée, dans le cadre d’une activité de loisir.

À Béziers, nous dénonçons la politique de la ville qui soutient l’exposition et l’éducation des jeunes à la violence des corridas, via :

– Une subvention municipale (15 000 € par an) à la Fédération des Clubs Taurins du Biterrois qui a pour mission d’initier les jeunes à la tauromachie ;
– L’organisation d’activités en lien avec la tauromachie dans les centres aérés ;
– La signature d’un contrat de sous-location des arènes avec la société Betarra qui prévoit notamment :

  • Le financement de l’école ( 1 € versé à l’école par billet vendu lors des  spectacles tauromachiques et non tauromachiques organisés par Betarra )
  • La mise à disposition des arènes pour les cours de l’école ;
  • Des places dans les gradins spécifiquement  dédiées aux jeunes ;
  • Une « politique tarifaire attractive permettant l’accès aux corridas au plus grand nombre », c’est-à-dire des places gratuites et/ou des tarifs préférentiels pour les plus jeunes.

→ Ainsi Robert Ménard soutient et favorise la présence et la participation des enfants aux corridas alors même qu’il reconnaît publiquement la violence des corridas.

Or, il est de la responsabilité des municipalités de protéger les enfants de toute forme de violence.  Nous réclamons à la ville de Béziers :

  1. La fermeture de l’école taurine (cela passe par une volonté de la municipalité de ne plus soutenir l’école taurine de Béziers );
  2. La fin de la gratuité (ou des tarifs préférentiels) des corridas pour les jeunes ;
  3. La fin des initiations à la tauromachie dans les centres aérés ; 
  4. La fin des subventions municipales à la Fédération des Clubs Taurins du Biterrois. 
L'élu municipal Thierry Antoine (EELV) a soutenu notre manifestation
Lisa Boulbès et Denis Boulbès ( Comité Audois pour l'Abolition des Corridas - CAAC ) et Robert Clavijo ( fondateur du COLBAC ) étaient présents.

Dans la presse

Le Petit Journal , 25 novembre 2021

Réaction du milieu taurin

En réaction à l’annonce et à la tenue de notre manifestation, le milieu taurin a fait paraître deux communiqués (qui se répètent).  Entre la mauvaise foi (quand il affirme que nous avons voulu faire interdire les sorties liées à la tauromachie dans les centres aérés municipaux “au prétexte des risques psychologiques que ces sorties faisaient encourir aux enfants “) et le ridicule ( quand il met en avant que 77 % des enfants de l’école taurine n’ont jamais redoublé dans l’éducation nationale, que 85 % sont bilingues ou que 96 % pratiquent un sport ! ), le milieu taurin élude la question de la violence des scènes de corrida et fait mine d’ignorer le problème : montrer à des enfants des sévices graves infligés à un animal, leur enseigner qu’un acte de violence envers un animal peut-être valorisant ou divertissant, les entraîner à commettre eux-mêmes de la violence sur un animal. Il se contente de répéter les décisions des tribunaux qui appliquent une loi qui doit changer ( c’est tout l’objet de notre combat ! ) et l’absence de preuve à un moment donné. Mais, faut-il rappeler que ” l’absence de preuve, n’est pas la preuve de l’absence ” ? Les défenseurs de la barbarie tauromachique peuvent-ils prouver qu’aucun enfant exposé ne subit de préjudice ?
La corrida comporte des scènes violentes, c’est une réalité. Par conséquent, les enfants sont exposés, accoutumés et éduqués à une certaine forme de violence :  c’est une infraction et un grave manquement à la Convention internationale des droits de l’enfant. 

Communiqués du milieu taurin, en réaction à notre manifestation.
Copy Protected by Chetan's WP-Copyprotect.