Pour une « feria d’un jour » sans cruauté

Publié le 23 avril 2023

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Samedi 15 avril, à l’occasion de la novillada de la « feria d’un jour », le COLBAC a manifesté silencieusement devant les arènes pour interpeller sur la cruauté des corridas.

Grâce aux recours en justice et à des actions menées avec un petit nombre de militants, nous réussissons désormais à manifester devant les arènes même pendant une feria, ce qui nous était interdit auparavant par la municipalité et la préfecture. Ainsi, nous gagnons du terrain.

Nouveauté : la "feria d'un jour"...

Le “Gala taurin Christian Coll » marque le début de la saison des corridas à Béziers. Il comprend habituellement deux spectacles tauromachiques dont une novillada avec mises à mort et n’attire jamais plus de 500 spectateurs. Cette année, la municipalité a innové en organisant une mini feria sur le parvis des arènes, une première pour célébrer cette bien triste journée de cruauté : bodegas et DJ ont animé les festivités jusque tard dans la nuit. Robert Ménard et quelques représentants du mundillo ont prononcé des discours ; les cartels (noms des élevages et des toreros programmées pour les corridas), ainsi que l’affiche de la feria 2023 ont par ailleurs été dévoilés.

— “Ils n’aiment pas la corrida, on va en faire deux !” a lancé Robert Ménard, évoquant la possibilité d’une « feria de deux jours » l’an prochain. Il est choquant que la maire de Béziers tienne des propos aussi puérils. Dénigrer et mépriser les opinions des Biterrois et Biterroises opposé·e·s à la pratique de la corrida est indigne de sa fonction.  

— Idem pour l’éleveur de taureaux Robert Margé qui a déclaré : « Nous sommes chez nous dans et devant les arènes« . Non ! Le COLBAC rappelle que la municipalité loue les arènes de Béziers avec l’argent public, et que par conséquent, tous les Biterrois, qu’ils soient amateurs ou révulsés par la corrida, y sont chez eux. Ces propos illustrent la mentalité du milieu taurin empreinte de suffisance et d’arrogance. Une caste, dont les « chefs » estiment pouvoir tout se permettre et se placer au-dessus des Biterrois.e.s. La municipalité est à leur service, soumise, complaisante et complice. 

Bien évidemment, cette « feria d’un jour » a été instaurée dans le but d’attirer aux arènes un public que la corrida seule peine à séduire. À Béziers comme ailleurs, les corridas ne subsistent que grâce aux ferias. 

Par ailleurs, l’affiche de la feria 2023 (ci-contre), qui est entièrement financée par les fonds publics de la municipalité, fait la promotion des corridas qui sont exclusivement organisées par l’entreprise privée BETARRA. Il s’agit donc de subventions municipales indirectes accordées aux corridas avec de l’argent public.

Sans le soutien financier de la municipalité, les corridas disparaîtraient à Béziers, en raison de la désaffection du public.

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La corrida, un délit de cruauté

La manifestation visait à rappeler que :

— La corrida est un délit partout en France : elle figure au chapitre des « Crimes et délits » du Code Pénal en raison de la cruauté et des sévices qu’elle inflige à un animal captif. Elle est pratiquée à Béziers, car elle bénéficie d’une exception pénale qui fait que les sanctions pénales ne s’appliquent pas, mais cela n’enlève en rien son caractère de délit.
— Faire d’un délit de cruauté sur un animal la culture représentative de Béziers, nuit à la réputation de cette dernière.
— Un spectacle qui consiste à mettre à mort cruellement un animal est inacceptable. Les taureaux sont des êtres sensibles, qui éprouvent la peur et la douleur. 

Alors que les spectateurs se rendaient aux arènes, le COLBAC a interrogé les consciences : quels êtres humains sommes-nous pour accepter que l’on fasse souffrir un animal pour nous divertir ?

Le COLBAC demande à la municipalité de faire évoluer Béziers et de remplacer toutes les corridas des ferias par des spectacles taurins sans cruauté comme les courses camarguaises, landaises ou les recortadores. Il est urgent de tourner la page de la tauromachie sanglante qui fait souffrir des animaux et va à contre-sens de la civilisation.

Manifestation silencieuse en petit effectif : pourquoi ?

Depuis 2014, la municipalité de Béziers et les clubs taurins demandaient un arrêté préfectoral pour interdire les manifestations anti-corrida autour des arènes pendant les spectacles tauromachiques, sous prétexte de « risque de trouble à l’ordre public ».
En octobre 2021, le COLBAC a contesté en justice un arrêté préfectoral interdisant la présence de dix militants silencieux et a obtenu gain de cause.
Depuis, le COLBAC maintient une présence silencieuse sur le parvis des arènes lors des corridas. Dans ces conditions, il est difficile au milieu taurin d’invoquer un prétendu risque de troubles à l’ordre public pour faire taire l’opposition à la corrida.

Dans la presse

Articles
Couverture du Petit Journal de l'Hérault, semaine du 19 avril 2023
Midi Libre_le Colbac n'a pas rejoint la fête_16avril2023
Midi Libre, 16 avril 2023

à propos

Le COLBAC a pour but final l’abolition de la corrida. Nous nous opposons à la propagande et à la désinformation du milieu taurin, ainsi qu’à la justification de la torture animale comme relevant d’un art ou d’une tradition encore acceptable.

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