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Programmation dans les arènes : bel aveu du mundillo !

Dans un article du Midi Libre en date du 1er janvier, Olivier Margé, organisateur de spectacles d’actes de cruauté sur taureaux, reconnaît implicitement que pour survivre, son activité a besoin de diversité et de modernité. 
Ainsi, il élargit la programmation à des spectacles “alliant modernité et tradition”, c’est-à-dire des corridas, mais aussi des courses sans mise à mort et des spectacles hors tauromachiques. 22 dates sont annoncées.

Remplir les arènes...

Pour rappel, l’an dernier, l’entreprise privée BETARRA (dans laquelle Olivier Margé est associé à Simon Casas et à Sébastien Castella) a organisé, à côté des corridas, des spectacles “familiaux et populaires” : un spectacle de voltige et traditions équestres, un spectacle culturel et artistique dédié aux arts taurins et équestres avec des jeux de sons et lumières, une course camarguaise et un spectacle de Recortadores. “Des spectacles familiaux nocturnes sans mise à mort (…) pour répondre à tous les goûts” expliquait alors Olivier Margé. 

On peut lire dans cet article du Midi Libre du 13 avril 2022 : “Durant cette Feria 2022, les arènes de Béziers accueilleront d’autres traditions équestres et taurines que la corrida. Objectif : attirer un public plus large. (…) La Feria est un vecteur pour attirer les gens vers Béziers et nous devons proposer des spectacles pour drainer un public dans les arènes au-delà des aficionados pour les corridas”.

En 2022, BETARRA, dont l’activité est l’organisation de corridas, a même organisé des concerts de musique ! (Kendji Girac, Gims, Inès Reg, Jean-Baptiste Guégan…)

C’est l’aveu que les corridas ne réussissent pas à remplir les arènes et à équilibrer leur budget.  Sans le soutien et le copinage de la municipalité, BETARRA ferait faillite. 

... et renflouer les caisses !

Ces spectacles à la rentabilité assurée (contrairement aux corridas) permettent à BETARRA de faire des bénéfices qui iront potentiellement compenser les pertes financières des corridas.

Et BETARRA s’arrange avec la municipalité pour renflouer les corridas déficitaires au détriment des finances publiques de la ville. Comment ? 

Pour organiser des spectacles hors tauromachie, comme les concerts par exemple, BETARRA doit obtenir l’accord express de Robert Ménard : 

Extrait de la convention de sous-location des arènes, conclue entre la Commune de Béziers (bailleur) et la société BETARRA (sous-locataire)

Ainsi, Robert Ménard autorise ses amis à organiser, en plus des corridas, des spectacles non tauromachiques et à générer ainsi des bénéfices qui viennent renflouer la trésorerie de BETARRA. Cet arrangement permet aux corridas de survivre. C’est un soutien indirect, mais très efficace à la tauromachie espagnole sanglante. 

Conclusion

Nous pourrions nous réjouir de la programmation de spectacles non violents et sans effusion de sang dans les arènes : c’est ce que nous demandons. Mais le milieu taurin ne doit pas avoir la mainmise sur les animations culturelles. C’est à la commune d’organiser des concerts et autres événements festifs dans les arènes, et non à BETARRA : les bénéfices doivent aller aux Biterrois, pas aux corridas. 

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