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Procès de la SPA contre la corrida : à Béziers, la cruauté envers un animal demeure impunie

une femme avec une pancarte

Mercredi 5 mai 2021 : énoncé du jugement dans l’affaire SPA / tauromachie biterroise.

Comme le 24 mars dernier, jour de l’audience, le Colbac était présent devant le tribunal de Béziers afin de se montrer solidaire de la SPA qui poursuivait en justice pour « actes de torture et de barbarie » lors d’une corrida en 2019,  Sébastien Castella en tant qu’auteur principal, la ville de Béziers et  Robert Margé pour « complicité » en tant qu’organisateurs.

Le jugement correctionnel qui a relaxé les prévenus ne nous surprend pas : la plainte de la SPA s’est en effet heurtée à l’iniquité de la loi française, qui dépénalise sur un territoire, au nom d’une “tradition locale ininterrompue”, ce qu’elle punit de lourdes peines ( 30 000 euros d’amendes et 2 ans de prison ) sur un autre. 

Les juges ont donc appliqué la loi, débouté la SPA et l’ont condamnée à verser 1500 € à chaque prévenu. Ce jugement rend-il pour autant la corrida biterroise plus forte ? Non.

1- Dans l’énoncé du jugement, le tribunal a bien souligné la cruauté de la corrida, en ces termes : 

«  Il est indéniable que les coups portés par les picadors causent d’importantes souffrances à l’animal dans le but établi de porter atteinte volontairement à son intégrité physique, les coups étant sciemment portés à l’aide d’une arme puissante perforant le corps de l’animal. Il s’agit d’actes de cruauté  tout comme la répétition des poses de banderilles et la mise à mort à coup d’épée et de poignard, souligne le tribunal dans son jugement. Le taureau ne peut que souffrir  et  son agonie peut être plus ou moins longue poursuit-il. » (Source : communiqué de l’AFP 5 mai 2021 et copie du jugement.)

Ainsi, pour les juges, la barbarie des corridas ne fait aucun doute.  Mais cette barbarie bénéficie d’une dérogation à la loi sur une infime partie du territoire, dont Béziers, au nom de la tradition, et c’est cette exception que nous combattons. Elle fait de la souffrance animale un sujet moins important qu’une tradition et ce n’est plus tolérable. La tradition ne diminue pas la souffrance d’un animal. Un taureau souffre autant à Béziers, qu’à Paris ou à Lyon. 

2- La presse locale a largement relaté nos propos dénonçant la souffrance des animaux d’arènes et l’iniquité de la loi qui protège la corrida.

3- S’il y a eu procès, c’est qu’il y avait matière à faire un procès : la corrida est un délit, une pratique illégale passible de lourdes peines dans toutes les régions où elle n’est pas pratiquée : il est capital de rappeler ce point à l’opinion publique car cela écorne un peu plus encore la réputation déjà déplorable de la corrida.

Finalement, ce qui ressort du procès de la SPA et de notre mobilisation autour de ce procès, ce n’est pas la légitimité de la corrida à Béziers, mais bien sa cruauté envers l’animal. Et c’est à force d’interpeller l’opinion et les pouvoirs publics sur ces tortures et mutilations d’animaux à ciel ouvert que la loi finira par évoluer.

Par ailleurs, nous avons montré aux défenseurs de la tauromachie sanglante et à ses soutiens politiques que nous ne craignons pas les défaites judiciaires. Notre détermination est forte et rien ne pourra l’atteindre tant que nous n’aurons pas obtenu le retrait de l’exception à la loi. 

Merci au Parti Animaliste, aux associations One Voice, Alliance Ethique et à Thierry Hély, président de la FLAC, d’avoir répondu à l’appel du Colbac. 

Pendant plus de 2 heures nous avons brandi pancartes et banderoles à l’attention des automobilistes et avons recueilli de très nombreux coups de klaxons approbateurs ainsi que des signes d’encouragement.

Communiqué de la ville

Robert Ménard s’est  félicité de la décision de justice : 

C’est une grande victoire pour la tauromachie biterroise (…) Je me battrai toujours pour la défendre. Elle fait partie de notre culture, de notre histoire, de nos traditions, de ce sud que nous aimons. Pour toutes ces raisons j’y suis profondément attaché.”  (Robert Ménard)

Dans la presse :

une banderole

Au  micro de  Stéfane Pocher  (France Bleu Hérault), défenseurs et opposants à la tauromachie se sont exprimés :

→ Olivier Margé, nouveau directeur des arènes de Béziers : «  On est les premiers à aimer les taureaux.(…) On est accusé de maltraitance envers nos animaux alors que les gens qui nous accusent sont dans des appartements et n’élèvent ni un géranium ni un chat (…) Nous naturellement , on est écolo (…) On ne peut pas dire qu’on aime pas les animaux , tous les matins on se lève pour eux  »

→ Bernard Mula, président de la Fédération des Clubs Taurins du Biterrois : « Jusqu’à présent nous nous sommes toujours défendus face aux attaques (…) Nous allons passer à la marche supérieure, ça va être à nous d’attaquer et pas attendre qu’on nous attaque »

→ Sophie Maffre-Baugé, présidente Colbac « C’est une loi incohérente qui interdit les corridas par principe quasiment partout en France parce qu’elles sont cruelles, et qui ne les autorise finalement  que par exception dans quelques départements, malgré cette cruauté (…) Un animal ne souffre pas moins à Béziers qu’à Paris ou Lyon. Il faut faire évoluer cette loi qui est injuste »

Hugues Bousquet, aficionado biterrois et vice-président de l’Observatoire des Cultures Taurines (ONTC) : «  La loi, c’est la loi, elle est comme elle est, il faut l’appliquer »

Catherine Bry, représentante du Parti Animaliste dans l’Hérault « On savait le résultat mais ça ne nous empêche pas de continuer à combattre contre l’iniquité de cette loi (…) Comment est-ce qu’on peut en 2021, avec tout ce qu’on sait maintenant sur les animaux, ce sont des êtres sentients, comment est-ce qu’on peut tolérer ces pratiques-là ? »  

Thierry Hély, président de la FLAC : « Ce qui est symboliquement jubilatoire, c’est que Sébastien Castella, Robert Margé et Robert Ménard se sont retrouvés dans un prétoire comme de vulgaires criminels. Ce n’est pas innocent !  »

article ML
Midi Libre, 5 mai 2021
une femme est une pancarte
article de journal
Midi Libre, 6 mai 2021
des banderoles
des pancartes
un homme et une pancarte
une femme et une pancarte
une femme et une pancarte
des manifestants
des manifestants
une banderole
groupe de personnes avec des drapeaux
une femme et une pancarte
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